A propos

Curriculum vitae


SOPHIE POUILLE
Née en 1983 à Lille
vit et travaille à Plateau d’Hauteville, Haut-Bugey et à Paris

2026
Manēre, monument diffus, Entre les lignes, Espace public de Bellegarde-sur-Valserine

2025
Tarauds, DRAC AuRA – AIC – Aide individuelle à la création
Penser en dehors du capitalisme, exposition collective, conférence Marie-José Mondzain, Montagne magique, Plateau d’Hauteville
Rêves d’août, exposition collective, la Césure, Paris

2024
Rapports de constructions, exposition collective, Ecole Nationale d’Architecture Paris Val de Seine
30+1, Le cloître contemporain, exposition collective, Lyon

2023
Régolithes, exposition personnelle, atelier Babiole, Ivry-sur-Seine
Battre la campagne, exposition collective, Montagne magique, Plateau d’Hauteville
Architecture, une hantologie, exposition collective, Les Limbes, conférence Georges Didi-Huberman, Saint-Etienne

2022
Par ordre d’apparition, film documents d’artistes Auvergne Rhône Alpes, par Guillaume Robert

2021
Art Fair Dijon, exposition collective

2020
Carbon 20, exposition collective, Saint-Etienne

2019
Architectures intérieures, exposition collective, Ecole Nationale d’Architecture Paris Val de Seine

2017
Architectures intérieures, exposition collective, L’attrape couleurs, Lyon 2016
Espaces intuitifs, exposition collective, Fondation Salomon, L’Abbaye, Annecy-le-Vieux
Le seuil des chutes, exposition collective, Centre d’art contemporain de Lacoux, Haut-Bugey

2015
Boites noires empreintes du monde et paysages intérieurs exposition collective, Planétarium de Vaulx-en-Velin

2014
Cabinet psychophonétique, exposition collective, Galerie Jeunes créations, Paris

2013
Formes élémentaires, mouvements et géométries de la pensée exposition collective, Espace d’Art Guyancourt

2012
Entropie Néguentropie, exposition personnelle, Maison des Mathématiques et de l’Informatique , Lyon

Oeuvres présentes dans la collection de Claudine et Jean-Marc Salomon et dans de nombreuses collections privées

2020-2026 : Directrice du Centre d’art contemporain de Lacoux, Plateau d’Hauteville 2019-2026 Co-fondatrice de Montagne magique, Plateau d’Hauteville

Parcours

 

Titres

La naissance d’un titre part souvent pour moi de l’envie de venir convoquer un mot que je ne connais pas. Je cherche, je creuse, jusqu’à trouver le mot qui fasse sens, qui résiste, qui m’apprenne quelque chose et qui puisse abriter une forme de poésie. Il en va de même pour la création de mes pièces. J’aime laisser se déposer en moi mes lectures, mon rapport aux architectures, les discussions et les échanges de la vie, tous terreaux qui font pousser en creux des envies et des besoins de passer au travail, chercher des formes, trouver les outils qui puissent donner corps à celles-ci.

Beauté

Je n’ai pas peur du mot « beauté », je la recherche, j’en ai besoin et si je peux en susciter l’impression j’en suis heureuse. J’aime également que l’on ne saisisse pas tout de suite ce qui apparaît, j’invoque des formes qui rappellent plus qu’elles ne décrivent. Mes pièces – même à deux dimensions – sont proches de la sculpture, je dessine des bibliothèques, des alphabets formels de souvenirs enfouis que je tente de convoquer, je compose des strates historiques et géographiques, qui se complètent, se contredisent, s’inversent. L’instable est ma corde.

Récits

L’amour des récits que je tisse dans mon travail a une double origine. Lorsque j’avais une vingtaine d’années, j’ai eu la chance d’habiter la bibliothèque de Pierre Bourdieu, occupant son merveilleux appartement auprès de celle qui partagea sa vie, Marie-Claire. L’ensemble des murs de l’espace que j’occupais au 3ème étage, ancien bureau de Pierre, formait des falaises de livres qui m’entourait, j’avais 20 ans et je découvrais qu’une pensée pouvait apparaître de par l’organisation des ouvrages, l’art aux côtés des sciences, les manuscrits aux côtés d’œuvres littéraires, il était très émouvant d’être en présence d’une telle organisation de pensée. Quelques années plus tard, lorsque je rencontrais Norbert Godon et à travers lui Aby Warburg, un premier élan tout d’abord intellectuel put commencer à prendre corps au travers de nouvelles productions.

Poussière/grisaille

Il y a quelque temps, mon travail m’est apparu sous un jour différent. J’avais oublié les récits de la famille de mon père, travailleurs des mines du Nord, et ceux de mon enfance à la Mure en Isère. Les terrils, les haldes, les morceaux de charbon posés sur les étagères, les sensations physiques ressenties lors des descriptions des descentes dans les puits, la chaleur, les bougies, les poumons noirs et les structures de bois soutenant les galeries. Du côté de ma mère, les hauts fourneaux qui peuplaient les fenêtres de mes vacances, leurs cris, les jets de paillettes qui emplissaient parfois le ciel, les récits de mes grands-pères, l’acier, le charbon, la fonte, la puissance de la métallurgie. Je pense à eux, à leurs gestes, leurs groupes, l’extraction, la matière, la poussière, la fusion et les architectures impressionnantes, froides, belles et étranges. Cette résonance me semble aujourd’hui une part importante de ce qui me lie à cette couche de poussière à la lisière de ce qui la sépare du dedans.

Habitats

J’habite et travaille entre le Plateau d’Hauteville et Paris. Je me sens chez moi dans ces deux espaces. Le Haut Bugey a des reliefs qui, pour la première fois, m’ont fait me sentir appartenir à un lieu. Il y a des falaises, des forêts, des sources, des nuits noires, un ciel lumineux et un horizon de plateau montagneux ouvert. Paris, c’est un autre pouls, une autre complexité, un anonymat, des rencontres multipliées par le nombre, des murs, des détails, de petites et grandes artères que l’on peut voir différemment à chaque traversée. J’aime également l’écart qui permet de passer des uns aux autres et ce qui garde en mouvement.

Savoir-faire

Verre

Le verre est entré dans ma vie il y a une quinzaine d’années. J’aime ses histoires, de celles de sa composition à celles de ses utilisations multiples au travers du temps. Fenêtres à travers lesquelles on regarde, objets du quotidien de même que matériau. On connaît le verre, il est partout. Sa transparence lui confère une présence discrète qui permet à l’espace de s’y refléter. Ce que j’y inscris dialogue avec les formes avoisinantes. La lumière le transforme, c’est une toile rigide en mouvement; je la peins, la sculpte, la grave, la photographie.


Technique de la grisaille

La grisaille est composée principalement d’un pigment à base d’oxydes métalliques, mélangé à un fondant, généralement une poudre de verre. Cette poudre est délayée avec un liquide, afin d’obtenir une matière que l’on peut appliquer sur la surface du verre. Je la travaille de façon brute pour garder son aspect granuleux, qui lui confère une très grande finesse de détail. Je travaille par évidement afin de venir chercher la forme, comme on pourrait sculpter un bloc de roche. La peinture est ensuite cuite.

Historiquement, elle est notamment utilisée depuis le Moyen Âge pour les visages, les drapés, les architectures et les détails des vitraux. Quant à moi, je l’utilise comme une écriture. Je souhaite faire entrer le quotidien, la mémoire et mes objets de recherche au travers de cette technique artisanale qui possède une forme de mystère et d’exigence tout au long du processus de fabrication.

 

Présentation

Je travaille aux côtés d’un ensemble d’artisans, menuisiers, serruriers et architectes qui me permettent de concevoir et de fabriquer sur mesure des dispositifs d’accrochage adaptés à chaque projet. Je privilégie le bois qui vient mettre en valeur le travail du verre. Le choix des essences est réalisé en fonction des projets. Je teste actuellement des associations avec la pierre pour de futures installations.

 

Patrimoine et matrimoine

Le patrimoine m’intéresse dans ce qu’il a de vivant et de mouvant. Je regarde les formes qui nous précèdent comme des présences encore actives. Je les observe, je les prélève, je les rapproche, parfois de plusieurs siècles, de pays lointains pour composer un langage qui m’est propre. Les techniques, les architectures, les gestes ou les objets ne sont jamais figés ; ils continuent de circuler, de se transformer et de produire de nouveaux récits. Ma première installation dans l’espace public ouvre un nouveau champ de travail qui m’enthousiasme.